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Om shiva parvati, shilom chapati : Un mois Rajasthani.

  Jodhpur the blue city    Aaah…India. Voici déjà plus de deux mois que je m’y trimbale, que j’y croise Vishnu, Brahma et Shiva a chaque coins de rue, que j’y dévore des chapati (genre de pain plat) avec chaque bouchée de curry et que j’y dodeline la tête de gauche à droite en joignant mes mains pour saluer et faire sourire les petites vieilles dans leurs saris flamboyants.
Le dodelinage est la manière indienne d’acquiescer, et lorsque j’ai fini par me rendre compte que les hindou le faisaient constamment et ce que cela signifiais, j’en ai très vite pris l’habitude… habitude qui n’est maintenant pas loin de frôler le tic.
Je crois que je l’aime bien, ce tic. Et je l’aime beaucoup, l’Inde. A mon arrivée, j’étais un peu au taquet, sur mes gardes. On m’en avait tellement parlé, raconté tellement d’histoires, la plupart un peu glauques. Mais j’ai rapidement réalisé que j’avais toutes les raisons de souffler et de me laisser porter par le flot. Je peux compter sur les doigts d’une main les groupes d’enfants que j’ai croisé me demandant avec insistance de l’argent ou un crayon, un bonbon ou quoi, quelques mendiants aux malformations impressionnantes à Bombay seulement et, si ma mémoire est bonne, aucune main baladeuse. En soit… aucune raison d’être traumatisée ! Mais je peux comprendre qu’une visite de l’Inde comme premier « pays du tiers-monde » puisse être un peu bouleversante, les regards et la sollicitation étant constants.
Ce bouleversement continuel, personnellement, il me va tout a fait ! J’essaye de me convertir au rythme local et, au pays du Yoga et de la Méditation, je tache de prendre les choses « Shanti shanti » (paix, tranquille) ! Tellement de choses à voir et à faire ici, je suis déjà presque en train de penser à ma prochaine visite qui se devra sans doute de durer un peu plus longtemps… Mais revenons à nos moutons :

Music player in JaisalmerAprès avoir quitté Jaipur, Hannah, Amanda et moi-même firent un arrêt de quelques jours à Pushkar. La vieille ville se déployait autour de son lac sacré et il n’était pas rare qu’au détour d’une ruelle nous tombâmes nez-à-nez avec d’impressionnants buildings à l’architecture magnifique. Le Rajasthan : pays des Maharajah ! Les filles avaient prévu un workaway (volontariat) dans un campement dans le désert du Thar près de la ville de Jaisalmer, à l’ouest du Rajasthan, quelques dizaines de kilomètres après la frontière Pakistanaise, et j’étais ravie de pouvoir me joindre à elles pour cette aventure après avoir envoyé une demande par mail au propriétaire. Au cours des siècles, le Rajasthan à été très influencé par la culture musulmane. On retrouve par exemple leur manière de peindre les yeux en amande rieurs sur les maharajah représentés sur les murs des maisons et des palais, et leurs chants folkloriques m’évoquaient parfois un petit quelque chose de Raï.
Traditional folk dancer spiting fire in the desert campLe campement (Damodra desert camp) était composé d’une dizaine de grande tentes, louées à la nuit pour une centaine d’euros « tout compris » par des touristes indiens et étrangers. Il s’agissait du campement le plus luxueux des alentours et nous nous sentîmes vraiment privilégiées de pouvoir y rester gratuitement aussi longtemps que nous le souhaitions ! Il s’avéra que Prithvi, le propriétaire, était l’un des types les plus adorables, les plus shanti qui soient. Il nous informa qu’il était conscient de cette sollicitation constante des touristes par les marchants locaux et qu’il souhaitait juste permettre aux touristes de se détendre un peu dans un lieu paisible et de découvrir une autre facette de l’Inde. Autant dire que le coté « volontariat » de l’arrangement ne fut pas des plus extravagants… c’est à peine si nous avions à balayer quelques grains de sable et répondre à quelques emails par jours! L’ensemble du staff ainsi que Prithbi étaient originaire d’un petit village à proximité et ils furent tous extrêmement amicaux, souriants, avenants et un poil loufoques, surtout lorsque Prithvi partait pour Jaisalmer et que le reste du staff se mettaient à chantonner et à se courir après à travers le campement… comme les souris quand le chat dort ! Prithvi nous à aussi fait visiter un soir un autre campement assez populaire… ce n’était vraiment pas le même délire ! Des centaines de tentes, de la musique Pop à plein volumes…. bien loin du calme et de la vraie ambiance « désert » de Damodra….

Nous y restâmes une dizaine de jours, prenant un rythme très très relax, les pieds constamment dans le sable sous le soleil du désert. Parfois nous nous rendions en ville pour nous balader dans le fort de Jaisalmer, et lors d’une journée inoubliable nous firent une excursion dans les dunes à dos de dromadaires pour le coucher du soleil. Chaque soir, une fois la nuit tombée, un feu était allumé au milieu du campement, les clients arrivaient et nous avions le droit à un concert de musique traditionnelle accompagné d’une danse folklorique (dont la danseuse en robe et bijoux scintillant était souvent un homme!) en grignotant des pakora (genre de petits morceaux de pâte épicée fris) et des cacahouètes grillées avant le délicieux buffet du diner. Malheureusement, nos estomacs occidentaux ne s’adaptèrent pas formidablement bien à ces mets locaux et nous avions fréquemment de fortes crampes, au point que Hannah tomba sévèrement malade le dernier jour de notre séjour, la clouant au lit et empêchant les cousines de pouvoir se rendre au mariage de Bhaumikk… Bien qu’il me fut difficile de quitter le campement, je voulais vraiment ne pas manquer l’évènement et c’est donc avec regrets que nous nous séparâmes. Pour info, Hannah va maintenant beaucoup mieux et elle et Amanda sont aux anges, dansant nuit et jours sur les plages de Goa.

Neelam, baba and BhaumiikkJ’étais donc à nouveau seule, enfin, seule avec quelques milliers d’Hindous bien sur ! Je retournai à Jaipur juste le temps du mariage de Bhaumikk : j’achetais quelques bijoux dorés sur un marché, me parai d’un sari bleu en soie fait sur mesure à Pushkar et fonçai à travers la ville en Tuktuk afin de me rendre dans la cour/jardin ou les célébrations auraient lieux. Sur place, je me rendis compte qu’il y avait plusieurs mariages les uns à coté les autres et je me dirigeais donc vers le panneau « Bhaumikk weds Neelam ». Le futur marié venait tout juste d’arriver, juché sur un cheval blanc tel un prince ! Autour, la famille et les amis dansaient et claquaient des mains sur la musique jouée par un petit orchestre. La procession se dirigea gentiment vers le jardin ou un grand nombre d’invités étaient déjà en train de diner, debout, un peu partout dans la cour. Tout autour de cette dernière étaient installés des stands de nourriture indienne diverses et variées, nans, chapatis et papadam directement sortis du « four » (tandoori), de nombreux curries et dals (soupes de lentilles), crèmes glacées, pâtisseries extra sucrées, sauces extra pimentées, bar à salade, etc. Un peu plus tard la mariée arriva dans un sublime sari rouge, escortée de ses sœurs et amies jetant des pétales de fleur sur son passage. Bhaumikk l’aida à monter sur la scène et les futurs mariés s’installèrent dans deux trônes clinquants ou il restèrent assis des heures durant. Étrange de se dire qu’ils ne s’étaient rencontrés que 2 jours auparavant pour les préparatifs du mariage ! Les invités vinrent à tour de rôle prendre une photo avec les mariés, mangèrent encore un peu puis commencèrent à tranquillement quitter les lieux. En fin de soirée, il ne restait plus que la famille et les amis proches, Neelam et Bhaumikk purent enfin aller manger… ou plutôt se faire donner à manger ! Ils s’installèrent à une longue table avec quelques amis et les invités restant virent à tour de rôle prendre un petit morceau de nourriture de leur assiette et leur porter à la bouche comme bénédiction. Il était alors presque minuit et je partis me coucher, mais les rituels, dont l’actuel mariage célébré lorsque les fiancés auront tourné 7 fois autour d’un feu vers 3h du matin, n’était pas près d’être fini…
Ce fut une très belle et très intéressent soirée où je passai un bon moment à discuter avec les sœurs, nièces et amis de Bhaumikk.

Morning meditation by the lakeDécembre approchait bien trop vite à mon goût, je fis une visite de quelques jours à Jodpur, la ville bleue, puis à la romantique Udaipur, avec ses nombreux lacs et palaces puis je dus me diriger vers le Sud et zapper de nombreux sites que j’aurais voulu voir en chemin : J’avais prévu de rejoindre un ashram dans le Kerala et leur stage de Yoga commençait le 1er. Le trajet me pris 2 jours et demi de train et de bus, avec un court arrêt pour une nuit à Bombay, puis un beau matin je me réveillai sur ma couchette et apercevais avec surprise des forêts de palmiers par la fenêtre du bus. Bienvenue au Kerala ! Je passais 20 jours dans l’Ashram et, ma foi, les 4h de postures de yoga par jours, les 2 heures de méditation, le régime Yogic (lacto-végétalien sans stimulants -thé/caffé/oignons/ail/piments- affin de facilité la digestion) ainsi que les exercices de respiration me firent un bien fou au corps et à l’esprit ! Depuis cette expérience je tache de conserver ce mode de vie et de pratiquer les 5 aspects du Yoga – Exercice juste/ Nourriture juste / Respiration juste / Relaxation juste / Méditation et pensée positive – tous les jours, ou du moins autant qu’il m’es possible durant cette période nomade 😉

Fest at the ashram

Délicieux thali de l’inde du sud servit sur une feuille de Bananier à l’ashram…